Le poids qui tue
Isabelle Maher
Le Journal de Montréal
11/10/2007 06h54
Trois ou quatre mois, c'est tout le temps qu'il a fallu à Josée
Roy pour que son poids corporel bascule. Le temps de mal se nourrir et de cesser
de bouger. Un virage qui l'a peu à peu menée à l'obésité
morbide.
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«Je n'oublierai jamais d'où je viens», lance Josée
Roy. D'où vient donc cette jeune femme de 36 ans qui raconte avec assurance
son histoire?
Imaginez une période de votre vie où vous avez du mal à
vous déplacer, où vos articulations vous lâchent et vos
pieds sont enflés. Imaginez que vous avez seulement 27 ans, mais qu'il
vous est impossible de vous asseoir dans un siège de cinéma, d'avion
ou de restaurant.
Regard des gens
Imaginez que le regard des gens ne vous laisse jamais oublier que vous pesez
300 livres. Que peu importe les régimes et l'exercice, vous arrivez au
mieux à perdre une demi-livre par semaine.
Imaginez la tentation de vous isoler, de ne plus croire pouvoir atteindre l'âge
de 40 ans.
C'est de ce cauchemar que revient Josée Roy. Une maladie qui s'est installée
tout doucement, sans s'annoncer.
«À l'adolescence, je me suis mise à travailler tout en étudiant.
Tout à coup, j'ai manqué de temps et cessé de faire du
sport. Je me nourrissais de ce qui me tombait sous la main: du junk food.»
Dernière chance
En très peu de temps, sans faire attention, Josée prend 50 livres.
Les années passent et à l'aube de ses trente ans, la jeune femme
réalise qu'elle n'arrive plus à retrouver son poids.
«J'ai tout essayé et je reprenais toujours mon poids. À
300 livres dans un gym, tu te fais regarder, mais j'y allais quand même.»
Avec un IMC (indice de masse corporel) de 52, Josée commence à
s'informer sur la chirurgie bariatrique, une chirurgie qui diminue la taille
de l'estomac et qui, selon l'OMS, est le seul traitement efficace contre l'obésité
morbide.
«La dernière solution avant de mourir», résume Josée,
qui a subi l'opération il y a six ans et perdu depuis 140 livres. «C'est
une chance inouïe de revenir à la case départ», confie-t-elle.
Aux adolescentes de son entourage qui font de mauvais choix, elle ne peut s'empêcher
de répéter: «N'attendez pas qu'il soit trop tard.»
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